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ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR LE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL


L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE: LA NOUVELLE FRONTIÈRE
DANS LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

Le nouveau Rapport sur le développement industriel de l’ONUDI met en évidence le défi que pose la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique subsaharienne

 

Un résumé analytique en français
ainsi que le rapport complet (en anglais)
sont accessibles en ligne à l’adresse suivante :
http://www.unido.org/doc/5156 (PDF)


Vienne, Autriche, le 20 juillet 2004 – L’Afrique subsaharienne est la seule région du monde où, depuis 20 ans, l’extrême pauvreté ne cesse de gagner du terrain. Alors que la plupart des autres régions en développement, en particulier l’Asie de l’est, ont fortement progressé dans la réduction de la pauvreté grâce à une croissance économique rapide et atteindront ou dépasseront les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), le déclin économique que connaît l’Afrique subsaharienne doit être enrayé si l’on veut que la région atteigne les ODM à l’horizon 2015. Ceci fait de cette partie du monde le défi du XXIe siècle en matière de développement.

L’atteinte de ces objectifs est conditionnée par celle d’un niveau minimum dans des domaines comme la santé, la nutrition, l’éducation, l’égalité entre les sexes, la mise en place d’infrastructures et l’environnement durable, ce qui est, selon l’ONUDI, indispensable pour enclencher un processus de croissance économique durable. Ainsi, la réalisation des objectifs relatifs à la santé et à l’éducation de base peut directement contribuer à une hausse de la croissance de 1,6 point de pourcentage en Afrique subsaharienne.

Toutefois, la croissance durable de la productivité – qui reste la source principale du développement économique à long terme - ne résultera pas automatiquement des seuls efforts engagés pour atteindre les ODM. D’autres préalables, nécessaires à tout décollage économique, devront être satisfaits : transition démographique, hausse de la productivité agricole, transformations structurelles dans l’industrie manufacturière et les services. S’il est vrai qu’une hausse des dépenses publiques contribuera à créer une assise pour la croissance, celle-ci ne sera durable que moyennant une implication et un rôle accrus du secteur privé.

Le Rapport de 2004 de l’ONUDI sur le développement industriel, publié le 20 juillet 2004, examine l’ampleur du défi à relever. Pour réduire de moitié la pauvreté dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne d’ici à 2015, le revenu par habitant doit progresser de 4 à 5 % par an, plus particulièrement dans les régions enclavées et aux ressources limitées. S’il y a des États qui ont réussi économiquement dans cette région, comme Maurice et, plus récemment, le Lesotho, qui ont réalisé une percée en exportant des vêtements à destination de marchés sur lesquels ils bénéficient d’un régime préférentiel grâce à la loi sur la croissance et la potentialité de l’Afrique, promulguée par les États-Unis, et l’initiative EBA engagée par l’Union européenne, leur cas est toutefois atypique.

Le tableau de bord de l’ONUDI concernant la performance compétitive de l’industrie, qui est l’un des éléments de base des rapports sur le développement industriel et qui dresse un classement de la performance industrielle de 93 pays depuis 1980, a été élargi cette année pour inclure 34 économies de l’Afrique subsaharienne. Le Rapport montre que l’industrie manufacturière de la région a stagné et perdu des parts de marché dans le monde depuis 1980. À cette époque, l’Afrique subsaharienne représentait 1 % de la production manufacturière mondiale; en 2000, ce taux n’atteignait que 0,8 %, dont un peu plus de la moitié était assurée par un seul pays, l’Afrique du Sud. Depuis 1980, la production manufacturière de 28 pays a soit décliné, soit stagné.

La faiblesse de la performance industrielle de l’Afrique reflète des problèmes de structure et de gouvernance économiques profondément enracinés que les décideurs devront résoudre. Ces dernières décennies, les pays à forte croissance, comme l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, la Chine, pour n’en citer que quelques-uns, ont rencontré des difficultés similaires mais ont réussi, jusqu’à un certain point, à les surmonter. Il n’y a aucune raison pour que les pays d’Afrique subsaharienne ne tentent pas de faire de même. Selon le Rapport sur le développement industriel de 2004, la région doit s’affranchir de son pessimisme concernant sa capacité à s’industrialiser et à améliorer le climat des investissements, tout en s’efforçant de résoudre ses problèmes structurels et de créer des capacités de croissance durable.

S’appuyant sur l’expérience des pays à forte croissance et celle des stratégies nationales d’atténuation de la pauvreté, tout en ayant conscience qu’il n’y a pas qu’une seule recette de croissance économique qui garantisse des résultats, ni un seul et unique modèle à imiter, le Rapport de l’ONUDI fait valoir que les États d’Afrique subsaharienne, doivent mettre en œuvre toute une gamme de politiques visant à surmonter les handicaps initiaux, renforcer leurs capacités, consolider leurs institutions et augmenter leur productivité en favorisant, avec le soutien de la communauté des donateurs, le développement de compétences, le progrès technique et l’environnement durable.

Le Rapport 2004 recommande également des options stratégiques de long terme qui prendraient appui sur des technologies avancées et respectueuses de l’environnement. Il affirme que, comme les décideurs de la région doivent faire face à des problèmes de développement de la fiscalité lors de la constitution de leurs capacités sociales et technologiques, il est crucial que la communauté internationale les aide à renforcer leurs capacités, y compris celles liées au commerce.

Information pour les rédacteurs

L’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) est une institution spécialisée des Nations Unies qui s’attache à lutter contre la pauvreté en favorisant la croissance de la productivité. Elle aide les pays en développement et les pays dont l’économie est en transition à lutter contre la marginalisation de leur économie dans le contexte de la mondialisation. Elle mobilise les connaissances, les compétences, les informations et les techniques nécessaires pour favoriser l’emploi productif, la compétitivité de l’économie et un environnement sain.

L’ONUDI, créée en 1966, est devenue une institution spécialisée des Nations Unies en 1985. Au sein du système des Nations Unies, elle est chargée de promouvoir, en collaboration avec ses 171 États Membres, l’industrialisation des pays en développement. L’Organisation, dont le Siège est à Vienne, assure une présence active sur le terrain grâce à ses plusieurs bureaux spécialisés. (www.unido.org).

Pour plus des renseignements sur le nouveau Rapport sur le développement industriel de l’ONUDI, veuillez contacter :
Francisco Sercovich
Tel.: +43-1-26026-3079
Courrier electronique: f.sercovich@unido.org
URL: http://www.unido.org/doc/24505

Contact à Paris
Service de l’ONUDI en France
Gérard Gaveau
Tél : 33 (0) 1 44 55 05 05
Mél :itpo.paris@unido.org